

Vidéos récentes
Enregistrements récents
Galeries récentes


Rafik Hassani et Youcef Merrouche respectivement secrétaire national et délégué aux relations internationales se sont rendus à Bruxelles en vue d’expliciter la situation auprès des parlementaires et des acteurs de la solidarité internationale. Au même moment, l’organisation Human Right Watch qualifiait dans son dernier rapport publié le 21 janvier de « très grave » la situation des Droits de l’Homme en Algérie.
La visite de la délégation du RCD a débuté par une rencontre au Parlement européen le 27 janvier 2010, en présence de Mmes Helena Halldorf Romero (Direction générale des relations extérieures - Unité des droits de l’homme du Parlement européen) et Eeva Heikkila, Conseillère en droits de l’homme de Mme Heidi Hautala (Présidente de la Sous-commission des droits de l’homme du parlement européen).
Après un exposé de la situation politique qui prévaut en Algérie, s’agissant notamment des droits de l’homme, de la démocratie confisquée, de la corruption qui gangrène le pays, de la fin de règne de Bouteflika, etc... Mme Halldorf Romero a fait le point sur les rapports qu’entretiennent le Parlement européen et l’État algérien.
En 2005, le parlement européen a ouvert un débat sur la question des disparus et de la politique de réconciliation nationale. Mais, contrairement au Maroc, l’Algérie a refusé de participer à la politique extérieure de voisinage de l’Union européenne. Depuis, le régime algérien n’entretient aucune relation avec le parlement européen.
MM Hassani et Merrouche eurent ensuite rendez-vous avec M. Patrick Le Hyaric, député européen de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, membre de la Délégation à l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, de la délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien, et directeur du journal « L’Humanité ».
Très attentif à l’exposé de la situation qui prévaut en Algérie, M. Le Hyaric a suggéré d’interpeler le Président du parlement européen, la nouvelle ministre des affaires étrangères de l’UE, Mme Ashton, ainsi que la délégation Euromed.
M. Le Hyaric s’est également montré inquiét du sort reservé aux journalistes.
Reçue le même jour au siège de la FIDH par M. Grégoire Théry, Délégué général auprès de l’UE, la délégation du RCD a eu l’occasion d’avoir un entretien particuliérement éclairant.
M. Théry a informé les responsables du RCD que le 9 juin 2009, la FIDH a adressé une lettre ouverte à la Commission européenne, et aux Ministres des Affaires étrangères pour faire part de leurs graves préoccupations quant à la situation des droits de l’Homme en Algérie et dénoncer le non-respect des clauses censées les garantir via les accords d’association UE - Algérie. Cette lettre est disponible en ligne : http://www.fidh.org/-UE-Algerie-
La FIDH s’implique régulièrement en faveur de la démocratie en Algérie. Cette organisation a rendu publique son indignation suite à l’accueil bienveillant qui a été réservé à l’Algérie lors de son passage à l’examen périodique universel devant la Commission des droits de l’homme à Genève (tous les 3 ans).
En partenariat avec des associations comme « SOS Disparus », la FIDH a également publié plusieurs études critiques sur la politique de réconciliation nationale. A l’issue d’un séminaire qu’elle a organisé il y a 2 ans, réunissant des associations de victimes des deux bords, ils ont adopté une résolution commune sur la question.
Lorsqu’un pays s’engage dans la politique de voisinage de l’UE, cela implique la signature d’un plan d’action et la création d’un sous-comité des droits de l’homme chargé de veiller à la bonne application de ce plan. Prenant la démarche à l’envers, le régime algérien a effectivement annoncé l’instauration d’un tel sous-comité, et dit au passage qu’il nommerait lui-même ses membres, tout en s’abstenant de signer la contrepartie que représente le plan d’action. M. Théry a souligné que la FIDH a bien reçu la lettre du RCD, laquelle dénonçait ce nouveau pied de nez fait aux négociateurs internationaux et aux défenseurs des droits de l’homme.
Le lendemain, MM Hassani et Merrouche se sont entretenus avec Mme Coralie Guillot, Conseillère de la député Eva Joly, Présidente de la commission Développement du parlement européen.
Après avoir entendu le Dr Rafik Hassani s’exprimer en détails à propos de la réalité de la scène politique algérienne caractérisée par des atteintes aux libertés individuelles et collectives, la corruption généralisée, l’archaïsme du statut de la femme, et de la nécessité d’une surveillance internationale des élections, Mme Guillot a commencé par assurer la délégation que toutes ces informations seront examinées par Mme Eva Joly, ancienne haut magistrat, laquelle est d’ailleurs Coprésidente de la commission des observateurs électoraux.
Pour expliquer la présence purement symbolique, au point d’être contre-productive, de certains parlementaires lors de scrutins cyniquement entachés de fraudes massives, Mme Guillot a rappelé que le régime algérien n’invite de députés européens qu’à titre individuel, ce qui contrairement à ce que prétend Alger de, n’engage nullement la commission de surveillance électorale.
L’illégitimité du pouvoir en place étant à l’origine de la crise, le RCD rappelle que l’émancipation du peuple algérien est conditionnée par la mise en œuvre d’une surveillance internationale massive et qualifiée.
